Édouard Salier est un cinéaste en vogue, vous avez certainement croisé l’un de ses clips sans le savoir (Massive Attack, Air…et aussi Tété). Figure émergente du monde de l’animation en image de synthèse, il réalise en 2005 un court métrage expérimental : Empire. C’est dire si le titre n’évoque pas déjà certaines idées.
Édouard Salier travaille donc l’image par la destruction. Faisant écho à travers une image qui se déforme, d’abord sous l’effet de forces invisibles, à une critique de la politique des États-Unis alors gouvernée par M. George W. Bush et dont on retiendra l’offensive militaire en Afghanistan (plus mercantile que ce qu’elle voudrait paraître), Édouard Salier met en place un discours sur un système destructeur : celui d’un travail sur la représentation de la réalité.
Les déformations issues d’une image compositée sont, ici, le noeud du propos. L’intérêt de l’artifice étant toujours d’être caché, il constitue un faux-semblant, au même titre que cette représentation de l’american way of life qui préscrit, toujours, de consommer parce que ça rend les gens heureux.
On lit alors l’image, et cette famille nucléaire déformée par des appareils militaires qui la traversent rappelle le traumatisme nord occidentale du 11 septembre.
Politique de la terreur, on cache les travers de l’empire et tout ce qu’il refoule (notamment avec ce beau sous marin qui pénètre l’écran).
Bref, le discours d’Édouard Salier est claire, entre la surface et la profondeur, l’image cache, elle est un faux-semblant. C’est le discours d’une image composite que l’on manipule et du trouble auquel elle renvoie. Je vous laisse découvrir ce fabuleux court métrage ici.

